Tous les matins, je me réveille au son de mon réveille-matin fait au Japon.

Je pose mes pieds sur mon tapis de Turquie , puis j’enfile ma robe de chambre en coton du Mali.

J’emprunte l’escalier fait de bois d’acajou du Brésil.

Une fois dans la cuisine, sur le comptoir en granit de l’Inde, je me prépare un café du Guatemala à l’aide d’une machine à espresso italienne qui est faite en aluminium constitué de la bauxite de Guinée.

À ce merveilleux café j’ajoute un soupçon de sucre d’Haiti et un peu de cacao de Côte d’Ivoire.

Je mange ensuite un pamplemousse du Chili, des céréales et quelques noix d’Espagne.

J’enfile ma chemise de soie de Chine, qui a été assemblée à Taiwan, avec un veston en lin du Vietnam.

J’ajoute ma montre suisse et mon anneau d’or du Sénégal.

J’irai au travail dans une voiture allemande assemblée au Mexique, qui roulera sur des pneus italiens conçus avec du pétrole vénézuélien.

Je travaille sur mon ordinateur portable américain; je surveille la Bourse de Hong Kong, achète des actions d’une compagnie norvégienne, échange avec des amis hollandais.

Le soir, au souper, je mange une bonne baguette de pain français en l’accompagnant d’un délicieux vin espagnol et quelques fromages du Québec… tout en regardant un film marocain sous-titré en anglais.

Avant d’aller au lit, je regarderai les nouvelles pour vérifier la météo de demain et constater l’état du monde.Une nouvelle crise s’est installée au Kenya, puis a été déclassée par la sécheresse au Mozambique et le cyclone au Myannar, ensuite un tremblement de terre en Chine.

Des enfants vont à la guerre au lieu d’aller à l’école.

D’autres meurent avant même de marcher.

Et moi je prends un bon verre d’eau, non accessible à 1,2 milliard de personnes, et je retourne paisiblement dans mon lit, sous une couette faite avec des plumes d’oies  qui volent au dessus de quels pays ? Et une autre journée … demain.

Derrière tout ce que possédons ou presque, il y a des visages de femmes, d’enfants et d’hommes qui vivent aux 4 coins de la planète. Par le fait même, nous avons un lien direct avec leurs conditions de vie. J’espère que ce texte vous aide comme il l’a fait pour moi à réaliser le pouvoir que nous avons en tant que consommateurs.

Étiez-vous conscients de cette réalité?

Source; Le grand mensonge vert, Jean Sébastien Trudel et Kathy Noel. pages 102-104

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